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N°01 Novembre 2001

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Développement économique et social : L’Afrique prend l’initiative

par Koné SOUNGALO

L’approche africaine des problèmes de développement du continent proposée par quatre chefs d‘Etats africains est une véritable révolution. La Nouvelle Initiative africaine, fruit de réflexions diverses sur le devenir de l’Afrique traduit la ferme volonté des enfants de ce continent de s’assumer désormais.

Pour la première fois, l’Afrique est à l’avant garde d’initiatives qui la concerne. La Nouvelle Initiative Africaine (NIA) est en effet une alternative de solution africaine aux problèmes de développement économique et social du continent. Synthèse de réflexions diverses émanant de quatre chefs d’Etats africains, la Nouvelle Initiative africaine marque une rupture profonde dans la pratique de l’élaboration des stratégies de développement. Tant au niveau de la conception que de ces initiateurs. C’est d’abord une solution africaine à l’équation quasi insoluble du développement économique et social de l’Afrique.
Elle est issue de la fusion du plan OMEGA du président sénégalais Abdoulaye Wade et du Programme de Renaissance de l’Afrique pour le millénaire de ses homologues sud africains Thabo M’béki, algérien, Abdelaziz Boutéflika et nigérian, Oluségun Obasanjo. Alors que le PRA met l’accent sur la dimension psychologique et culturelle du développement économique, le plan OMEGA, pour sa part, s’attaque à la dimension économique « car même libéré d’une tutelle intellectuelle et psychologique aliénante, c’est en vain qu’on parviendrait à exercer sa liberté si on n’arrive pas à satisfaire ses besoins existentiels de base. »

Programme de renaissance de l’Afrique

Le Programme piloté par le président Thabo M’béki repose sur le concept de la renaissance qui présuppose une rupture avec les pratiques anciennes. Pour le président sud africain, cette renaissance ne se réalisera qu’en opérant une série de ruptures : rupture avec la forme paternaliste de la coopération bilatérale et multilatérale ; rupture avec la politique d’aide et de crédit ; rupture avec l’assistanat ; émergence d’un esprit critique, etc. Les acteurs doivent être décidés à imprimer une nouvelle dynamique au développement du continent. A titre d’exemple, on peut citer le président sud coréen, M. Park, qui lançait avec détermination en 1972, le mouvement des « nouveaux villages » pour la modernisation des campagnes et le développement d’une agriculture moderne. « Quelques années plus tard les campagnes coréennes arboraient une physionomie totalement différente » peut-on lire dans un document du groupe de réflexion dénommé initiatives citoyennes. Le programme et les préoccupations du président sud africain s’inscrivent en droite ligne des interrogations du savant Cheick Anta Diop qui soutenait que le développement n’était possible que dans le cadre du rétablissement de la conscience historique africaine. Par conscience historique, le savant entendait « l’imprégnation de la profondeur historique du monde et la conscience d’être acteur de sa propre histoire ».
Et c’est cette prise de conscience, ce désir d’agir sur son propre destin qui fait l’originalité du Programme de M. Thabo M’béki. Mais aussi du plan OMEGA, même s’ils s’articulent autour de deux dimensions différentes

La dimension économique

Cet esprit de rupture et d’engagement se retrouve dans le plan OMEGA qui s’intéresse davantage à la dimension économique du développement de l’Afrique. Il repose essentiellement sur la question des disparités entre l’Afrique et le monde développé et les moyens d’y remédier. Il faut selon le président Wade, parvenir à obtenir des investissements massifs d’origine externe seuls à même de favoriser la résorption de celles-ci. En somme, le plan OMEGA a pour objectif : « de procéder à l’évaluation des besoins du continent africain de façon à combler les déséquilibres par rapport aux pays développés qui en constituent les handicaps majeurs « et d’en trouver le financement dans les meilleures conditions. »
Ces disparités ont été retenues dans les quatre secteurs suivants : infrastructures, éducation, santé, agriculture. « Il est en effet apparu qu’en raison de la faiblesse des infrastructures, du niveau très faible de l’éducation et du caractère archaïque des exploitations agricoles les pays africains ne peuvent pas suivre le rythme grâce à la compétitivité de leurs industries d’exportation » relève le plan OMEGA. Pour financer un projet si ambitieux le président sénégalais voit plusieurs sources dont : toutes les ressources destinées aux infrastructures et à l’éducation des pays africains en vue d’une gestion globale en lieu et place des gestions nationales ; l’engagement par les pays développés de leurs bons au trésor ; les ressources privées longues qui, en Occident, s’investissent en toute confiance dans le très long terme ; la création de droits de tirages spéciaux expressément conçus pour l’Afrique.
Dimension économique d’une part et dimension psychologique d’autre part ont donné naissance à la Nouvelle Initiative africaine. Cette synthèse a été présentée au dernier sommet du G8 de Gènes en Italie (tenue du 20 au 22 juillet 2001) par les quatre chefs d’Etats co-auteurs auxquels s’est joint le Malien Alpha Oumar Konaré. Bénéficiant d’une grande mobilisation, la NIA, adoptée en juillet 2001 au sommet de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) à Lusaka, était au centre de la réunion du tout nouveau comité directeur mis en place pour la circonstance. Au cours de cette réunion, il a été précisé « la nécessité de produire un document clair, harmonisé, dynamique, réalisable et durable dépourvu de répétitions et d’imprécisions. »

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