Ouest Afrique Economie

N° 16
Septembre 2003

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par Koné Soungalo

CÔTE D'IVOIRE

LE PROCESSUS DE RECONCILITAION GRIPPE

La situation socio politique est à nouveau tendue en Côte d’Ivoire alors même que tous les observateurs croyaient que le spectre de la guerre s’était à jamais éloigné de la locomotive de l’UEMOA. Difficile de dire de quoi demain sera fait.



e l’espoir à l’angoisse , ainsi pourrait se résumer le drame des populations ivoiriennes. En effet, la peur s’est de nouveau emparée des populations qui redoutent et à raison une dégradation de la relative accalmie connue jusque là. En parfaite contradiction avec l’annonce officielle par les parties belligérantes de l’arrêt des hostilités, et les relations de bonne intelligence entretenues par les militaires des FANCI et des Forces nouvelles en maintes occasions, tous les ingrédients ou presque sont réunis pour une grave déflagration aux conséquences indicibles. Pourtant depuis cette mémorable et conjointe déclaration saluée par plus d’un, l’espoir était permis et ce d’autant plus que les armes se sont effectivement tues. En dépit des incessantes palabres autour de la nomination des ministres de la défense et de la sécurité rien ne laissait donc présager un tel retournement de situation.
La tension était certes présente depuis quelques semaines mais elle était loin d’être vive. En dépit d’une relative fluidité du trafic routier la partition du pays était toujours une préoccupation et la double célébration de la fête de l’indépendance à Bouaké par les forces nouvelles et à Abidjan par le Chef de l’Etat ne faisait que rappeler cette triste réalité. Trois semaines de congés forcé pour les ministres auquel le conseil du jeudi 4 septembre est venu mettre un terme. Entre temps, les ministres des forces nouvelles multiplient les conclaves dans les villes sous leur contrôle notamment Bouaké dans le centre du pays et Korhogo au nord. Blocage du programme démobilisation, désarmement, réinsertion (DDR), nécessaire pourtant pour le redéploiement de l’Administration sur toute l’étendue du territoire national. Crise ouverte au ministère de la communication entre le ministre d’Etat ministre de la communication, secrétaire général du MPCI, M. Guillaume Soro et le directeur général de la RTI, M Georges Aboké suspendu en même temps que le secrétaire général M Jean Paul Dahili. Crise ouverte au sommet de l’Etat entre le Président de la République, M Laurent Gbagbo, et le premier ministre de consensus, S E M Seydou Ellimane Diarra dont la récente sortie après celle du chef de l’Etat le 7 août dernier, a été diversement appréciée et voire interprétée par certains comme une maladroite réponse du berger à la bergère. Soutenus par certaines formations politiques notamment l’ancien parti au pouvoir, le parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), il est vilipendé par d’autres en l’occurrence le Front populaire ivoirien (FPI), du Chef de l’Etat Ivoirien. On lui reproche en effet de porter à dessein des œillères et trop demander au Chef de l’Etat qui ne lui aurait déjà délégué que trop de pouvoirs. C’est cette atmosphère délétère qui prévalait quand le quai d’Orsay a annoncé l’arrestation en France du Sergent Chef IB alors qu’il s’apprêtait à regagner la Côte d’Ivoire comme il l’avait annoncé après le vote et la promulgation de la loi d’amnistie en Côte d’Ivoire. Cette interpellation pour tentative de déstabilisation des institutions ivoiriennes de l’un des leaders du putsch de 1999, vient en rajouter à l’atmosphère déjà tendue et empreinte de suspicion. Entre l’appel au retour au pays lancé par le MPCI aux militaires exilés, la récente déclaration du premier ministre et une collusion ou une complicité avec les présumés déstabilisateurs arrêtés en France, il y a un pas que bien des personnes ont vite franchi. Les arrestations de personnes et non des moindres, des généraux, supposées impliquées dans ce projet se multiplient pendant que les forces nouvelles demandent la libération du sergent chef IB gardé en détention préventive en attendant son procès. Bien difficile de dire ou tout cela va mener la Côte d’Ivoire qui a, il faut le dire, vraiment mal à sa réconciliation.

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