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N° 08
Juin 2002
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La Lettre de l'Editeur

par Ibrahim Sy Savané

ET LES INVESTISSEURS LOCAUX ?

’énoncé des programmes politiques africains obéit toujours, désormais, au même schéma qui prétend d’une part, entrer ou se maintenir dans les bonnes grâces des bailleurs de fonds et d’autre part, ( c’est d’ailleurs un corrolaire ) faire venir des investisseurs étrangers. La réalisation de tels objectifs serait en soi une excellence chose. Plus rarement, l’on entend parler de développer les capacités internes à créer des entreprises. Or, l’éclosion de PME/PMI suffisamment ancrées dans la réalité nationale, est une des rares alternatives crédibles pour sortir les économies du marasme. Il est vrai que les initiatives en la matière restent surtout verbales. De fait, lorsqu’il s’agit concrètement de favoriser, stimuler les créations d’entreprises, les choses deviennent plus vagues. Quelles approches et quelles modalités pour mettre en place des structures à la fois souples et rigoureuses à même de capter une partie de l’énergie du secteur informel pour l’intégrer à l’économie « institutionnelle » ? Les réponses, hélas, sont bien souvent d’essence fiscale, ce qui est tout à fait insuffisant. Pis, cela aboutit plutôt à faire disparaître des pans entiers d’activités, auxquels l’on n’a pas laissé un temps suffisant pour se structurer et évoluer harmonieusement.

Pour donner la possibilité à des talents d’éclore, certains pays ont créé des pépinières d’entreprises, car de même que certaines variétés végétales ont besoin de serre, les entreprises, pour germer et survivre ont besoin du bon terreau. Et, pour rester dans la veine botanique, on peut même ajouter que ces nouvelles pousses ont besoin de tuteurs qui les aident à échapper au maquis administratif toujours susceptible de les étouffer. Au-delà des modes et des crises de croissance, certains exemples devaient continuer d’inspirer. Ainsi, si chaque pays africain ne peut créer sa « silicon Valley » ou son « Sophia Antipolis », au moins peut-il trouver un cadre - au propre comme au figuré - favorable à la libération des initiatives économiques locales ! Faute de quoi, les soubresauts continueront à agiter le Continent dont les décideurs, par rapport aux petites entreprises, ont l’attitude de ce pilote qui, simultanément, accélère avec énergie et freine avec une même ardeur.

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