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N°08 juin 2002 Le numéro actuel



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par
Ahoussi Pothin
M. Jean-Louis HALLOT
Directeur Général de la Nouvelle Air ivoire:
" Jouons la complémentarité
"
seo optimization, increase of sales on a site. . seo A limage de nombre dEtats de la sous-région
ouest africaine, la Côte divoire a remis sur le tarmac sa
compagnie aérienne nationale, la Nouvelle Air Ivoire. Dans cet
entretien, son Directeur Général, M. Jean-Louis HALLOT,
nous situe sur les enjeux de cette renaissance et les défis majeurs
pour lensemble des compagnies nationales de lAfrique de lOuest.
Monsieur
le Directeur Général, la Nouvelle Air Ivoire vient de reprendre
les airs. Ce redécollage sest-il effectué en douceur ?
Il sest effectué en douceur même si on a eu quelques
difficultés inhérentes à une entreprise qui redémarre.
Lévolution du coefficient de remplissage sur les quatre premières
semaines est assez édifiante. La première semaine, nous
sommes partis avec une moyenne de 15 %. Au terme de la quatrième
semaine, la moyenne de remplissage effectif est passée à
50 %. En ce qui concerne les engagements en réservation, certaines
destinations sont très demandées. Il sagit des destinations
Bamako, Conakry, Cotonou et, dans une moindre mesure, Lomé, Ouagadougou,
Niamey et Douala. Sur le plan de lexploitation, nous navons
pas eu de difficultés majeures, mis à part un incident technique
sur le vol de Niamey. Un incident qui a dailleurs été
très vite réglé. Et nous attendons pour le 1er mai,
le troisième avion qui fera la réserve dexploitation.
Si au niveau des vols intérieurs lespace aérien
vous a été exclusivement ouvert, il nen est pas de
même avec la sous-région. Comment comptez-vous tenir la route
face à la concurrence à ce niveau ?
Je voudrais dabord faire une précision sur les vols intérieurs.
Il est vrai que lespace à ce niveau est grandement ouvert
mais ce nest pas aussi facile que cela. Tout simplement parce quil
y a longtemps quil ny a pas eu de compagnies aériennes
qui y ont opéré. Il se pose donc le problème de remise
en état des installations. Et à ce niveau, nous sommes dans
un dispositif du type service public. Il faut donc recréer le trafic,
en ce qui concerne les vols intérieurs. Revenons à la sous-région.
Il y a effectivement une grande concurrence à ce niveau. Toutefois,
il y a des concurrents qui vont très vite devenir des partenaires
parce que leur manière dopérer, leur professionnalisme
font quon va pouvoir avoir une logique de desserte, une logique
de programme. Je citerai en premier lieu, Air Sénégal International.
Probablement, et très prochainement, Air Burkina. Par ailleurs,
il y a effectivement la concurrence que nous appelons dans notre jargon,
cinquième liberté. Cest lexemple dune
compagnie dun Etat C qui opère en ligne entre un Etat A et
un Etat B. Ce serait, par exemple, le cas de Cameroun Airlines qui opérerait
sur la ligne Abidjan-Dakar. Parlant de concurrence entre touts ces compagnies
sous-régionales qui renaissent, nous, à la Nouvelle Air
ivoire, nous souhaitons établir de bonnes relations avec les autres
compagnies opérant dans le ciel africain. Pourquoi ? Dabord
parce que dans le cas des pays où le trafic aérien est largement
arrivé à maturité, à lexemple de lEurope
occidentale, la libéralisation sest faite progressivement.
Le transport aérien avait 50 ans de développement avant
quon ne passe à une phase de libéralisation tous azimuts.
Ensuite, quant à lAfrique, il faut dabord mettre en
place les fondamentaux. Cest vrai, il y a un besoin vital de transport
aérien dans la sous-région car il ny a pas doption
de transports terrestres plus rapides. Il faut donc laisser aux entreprises
aériennes le temps de grandir et de se fortifier. Je crois quune
concurrence tous azimuts et débridée ne fera du bien à
personne. A commencer par ses auteurs. En plus, elle fragilisera les entreprises
qui redémarrent et qui essaient de travailler proprement. De fait,
nous souhaitons, au lieu de parler de concurrence, que chacun soit responsable
afin que dans tous les pays où lon assiste à la renaissance
des compagnies, celles-ci puissent se fortifier et travailler intelligemment
ensemble. Cette option permettra de rendre un vrai service aux Etats et
aux usagers en termes de desserte et de fréquence. Quand toutes
ces compagnies seront arrivées à lâge adulte,
on pourra alors décider de la concurrence. Cest notre vision
des choses, et cest dans ce canevas que la Nouvelle Air Ivoire sera
gérée. Donc politique de partenariat privilégié
plutôt que concurrence sanglante.
Finalement, il aura fallu que Air Afrique batte de laile pour
que les compagnies nationales fleurissent. Cela nest-il pas de nature
à compromettre la renaissance de la multinationale ?
Je rappelle, dabord, que Air Ivoire et dautres compagnies
comme Air Sénégal ont été créées
au moment des indépendances. Depuis lors, elles ont cohabité
avec Air Afrique. Ce nest donc pas lactuelle disparition de
la multinationale qui a favorisé leur création. Ce qui est
nouveau, ce sont les nouvelles possibilités de trafic quelles
navaient pas auparavant et que la décision de Yamoussoukro
leur donne maintenant. Maintenant pour ce qui est de savoir si leur existence
va compliquer la renaissance dAir Afrique, je dirai oui et non.
De toute évidence, on ne pourra pas remettre sur le tarmac une
Nouvelle Air Afrique identique à lancienne. Il faudra une
Nouvelle Air Afrique, comme la dit le chef de lEtat ivoirien,
à vocation long courrier de desserte vers lEurope et les
autres continents. Dans ce domaine, il y a une synergie à obtenir
entre les différents Etats africains. Il est très difficile
dopérer de manière rentable avec un seul avion sur
une seule ligne long courrier. La vocation privilégiée des
compagnies nationales est dassurer la desserte du réseau
régional. Donc à la Nouvelle Air Afrique le réseau
intercontinental et aux compagnies nationales le réseau régional.
Et même si la Nouvelle Air Afrique avait un réseau régional,
je crois quil serait malheureux et dommageable que ce soit en compétition
avec les compagnies nationales car cela aboutirait à des compagnies
toutes en difficulté. Je crois donc que dans ce domaine, la complémentarité
est le meilleur atout pour tout le monde.
Air France est partenaire de la Nouvelle air ivoire tout comme de la
future Nouvelle Air Afrique. Ne sont-ce pas là, les signes dune
hégémonie qui ne dit pas son nom ?
Cest vrai, cest un discours facile à tenir. Personnellement,
je crois quil existe des liens très forts entre lAfrique
et la France. Il y a des flux de trafic entre la France et lAfrique.
Air France souhaite aider et voir bien vivre les compagnies nationales
africaines. Et en loccurrence, avec la Nouvelle Air Ivoire, Air
France a mis la main à la pâte parce que tout simplement
cest son métier. Il ny a aucune volonté hégémonique.
Si la France se trouve à lheure actuelle en situation de
monopole, ce nest sûrement pas de son fait. Ce nest
pas Air France qui a demandé le retrait de Swiss Air Sabena. Qui
plus est, Air France na jamais souhaité la disparition dAir
Afrique. Je crois quelle est probablement le partenaire qui fait
le plus pour que la Nouvelle Air Afrique vienne à lexistence.
Cest tout simplement que Air France sintéresse à
lAfrique et aime lAfrique.
Quels sont aujourdhui, les défis majeurs pour la Nouvelle
Air Ivoire ?
Exister, retrouver du trafic, satisfaire ses clients, voler en sécurité
et puis apporter de la prospérité en Côte dIvoire.
Presque tous les pays de la sous-région ont créé
leur compagnie aérienne. Comment expliquez-vous cet état
de fait ?
Tout simplement parce quils en ont besoin. Dans tous ces Etats,
les populations ont besoin de voyager, détablir des liens
ou déchanger. De plus, il est légitime pour un Etat
davoir une compagnie aérienne qui porte son drapeau.
Avec la floraison des compagnies sous-régionales doit-on sattendre
à une meilleure santé et compétitivité du
ciel africain ?
Tout dabord, pour moi, il ny a pas de floraison de compagnies.
Il y a tout simplement que chaque Etat revivifie son système. Il
y en a qui font appel à des opérateurs professionnels et
dautres qui sont un tout petit peu plus aventurières. Mais
à priori, quand on observe attentivement, il ny a pas une
multitude de compagnies par Etat. Cest tout simplement une renaissance
légitime du droit de chaque Etat davoir son pavillon dans
le ciel africain. Alors meilleure santé ? Jai dit tout
à lheure que ces compagnies opèrent de manière
responsable en veillant à assurer une desserte de qualité.
Prenons lexemple de la ligne Abidjan-Ouagadougou. Il est clair que
le résultat à obtenir, dans un premier temps, cest
quil y ait un vol quotidien. Le partage de ce trafic se faisant
entre les compagnies des deux Etats. Puis, par la suite, si le trafic
le permet, ce sera plusieurs allers-retours dans la journée. Cest
ce que je nomme meilleure santé. La compétitivité,
va jouer, dans un premier temps, sur la qualité du service. Il
faut se battre, provoquer une saine émulation pour que chacun ait
des avions à lheure, en bon état, veille à
la sécurité de ses vols et à la compétence
de son personnel. Ce sont là, les premiers domaines dans lesquels,
il faut faire jouer la compétitivité. La guerre tarifaire
ne provoquant que des malheurs pour les entreprises et le personnel.

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