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N°03 janvier 2002




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CEDEAO : Ibn CHAMBAS , the
right man...
par Ibrahim SY SAVANE
ohamed
Ibn Chambas, le nouveau secrétaire exécutif de la CEDEAO,
aura réussi une performance non négligeable : Se faire élire
sans grabuge, sans que les artificielles bagarres entre francophones et
anglophones ne surgissent; se faire élire, sinon avec la bénédiction
du Nigeria, du moins avec sa bienveillante neutralité. Paradoxalement,
cela s'est tellement bien passé que cette élection, pourtant
très attendue, s'en est trouvée quelque peu banalisée.
Même si la succession du guinéen Lacina Kouyaté a
bénéficié d'un environnement consensuel, on ne peut
occulter le rôle qu'a joué le profil de Ibn Chambas. On parlerait
de son équation personnelle. Son nom a, plusieurs mois avant l'élection,
fait quasiment l'unanimité. Ce diplomate chevronné a laissé
dire et faire des réseaux qui se sont mis en branle en sa faveur
jusqu'au Nigeria. Pourtant, le premier obstacle à vaincre était
d'abord interne. En effet, non seulement l'homme a été très
proche de Jerry Rawlings dont il fut longtemps le secrétaire d'état
aux Affaires Etrangères, mais il est resté un pugnace député
d'opposition, animateur du shadow cabinet. Or, il est plutôt rare
que des dirigeants au pouvoir se battent réellement en faveur de
la candidature d'un franc-tireur insoumis, encore moins pour un opposant
actif.
Avec le cas d'Essy Amara, celui de Ibn Chambas constitue
en quelque sorte une exception. Encore que, dans les deux cas, Gbagbo
et Kufuor aient fait preuve d'un évident réalisme. Tous
deux ont soutenu des "cracks" de la diplomatie, offrant des
profils crédibles et convaincants. Ibn Chambas a été
très actif au sein des missions de la CEDEAO, lorsqu'il s'est agi
de prendre des décisions énergiques par rapport à
la guerre du Liberia notamment et de Sierra Leone qui ont faillit faire
régresser toute la sous région. A l'époque, Ibn Chambas
s'est beaucoup démené, donnant une grande visibilité
et une incontestable vigueur à la diplomatie ghanéenne.
Sa nomination en avril 97 à l'Education nationale a donc surpris
tous ceux qui voyaient ce diplômé en Sciences politiques
des universités de Legon au Ghana et de Cornell-New York, continuer
à tailler sa route loin des problèmes domestiques de son
pays. Du reste, à l'Education, il a fait montre d'une égale
énergie au Ghana même, mais aussi dans les réunions
internationales.
Le docteur Ibn Chambas (il est titulaire d'un PhD) a, comme
avocat, de nombreux autres atouts. Il en aura sans doute besoin pour bien
gérer ses relations avec le très agile Abdoulaye Wade, Président
en exercice élu en même temps que lui, à Dakar, mais
également pour donner un nouveau souffle à cette Communauté
qui sort d'une longue période de récession économique
et de violences politiques pour se retrouver confrontée à
des échéances si décisives que l'avenir en dépend
tout simplement.
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