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N°
10
Août 2002




 


 

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par
Koné Soungalo
TELECOMMUNICATIONS
CÔTE DIVOIRE TELECOM ET
AFRIPA : LA GUEGUERRE
La crise à rebondissements qui oppose Côte
dIvoire TELECOM à AFRIPA gagne en intensité. Tout
ou presque indique quelle nest pas prête de connaître
son terme. A coups darguments juridiques on se porte mutuellement
la contradiction par presse interposée.
 ntre
Côte dIvoire TELECOM et AFRIPA, si ce nest la guerre
cest tout comme. La presse ivoirienne na jamais autant été
mise à contribution dans une crise. Les communiqués contradictoires
des uns succèdent à ceux des autres . Le tout saupoudré
darguments juridiques à y perdre son latin. Le Conseil des
télécommunications de Côte dIvoire (CTCI), nest
pas non plus en reste. Il est descendu dans larène au risque
dêtre pris à partie par lun des deux protagonistes.
Au centre de cette crise, une affaire de fraude dont Côte dIvoire
TELECOM accuse AFRIPA et une interprétation problématique
de larticle 4 de la convention de concession. « Au mépris
du contrat commercial quil y a entre nous et de tous les textes
réglementaires en Côte dIvoire, AFRIPA développe
une activité dans le secteur des télécommunications
pour laquelle cette société na aucune habilitation »
affirme M André Appetey, directeur de la stratégie et de
la communication à Côte dIvoire TELECOM .
AFRIPA TELECOM dont le lancement des activités en Côte dIvoire
a eu lieu en mai 2001 ne se reproche rien. Cest du moins ce qui
ressort de lentretien que nous a accordé le directeur commercial,
M Raphaël Konan. « Nous avons obtenu en septembre 2000
une licence de revente de trafic téléphonique en bonne et
due forme. Et Côte dIvoire TELECOM savait depuis cette date
à quoi sen tenir. Doù vient quon nous
accuse aujourdhui de fraude à linternational dont il
na du reste jamais été question. La première
fois en mars 2002 nos lignes ont été suspendues pour dit-on
des arriérés portant sur la somme de 253 millions dont nous
nous sommes acquittés sans même procéder à
des vérifications qui en pareille circonstance simposaient »
soutient M Konan. Pour lui il ne sagit ni plus ni moins que dun
faux procès dautant que Côte dIvoire TELECOM
était présente au lancement du produit Khuma et que cette
société savait pertinemment que AFRIPA offre en Côte
dIvoire des services dappels internationaux prépayés.
Dés lors selon lui il ne fait pas de doute que Côte dIvoire
TELECOM qui a accordé à AFRIPA les réseaux numériques
T2, abuse de son pouvoir quand il suspend encore une fois unilatéralement
les 120 lignes commerciales de cette société qui pourtant
ne lui doit pas un centime. « Après les mises en demeure
et les nombreuses initiatives dattente nous avons décidé
darrêter nos relations avec elle » explique M André
Appetey.
Au regard de la position adoptée par Le Conseil des télécommunications
de Côte dIvoire dans cette crise qui na que trop duré,
on est fondé à croire que AFRIPA subit un préjudice.
En effet, dans une correspondance en date du 1er juillet adressée
au Directeur général de Côte dIvoire TELECOM
(CIT), le CTCI, saisi préalablement par AFRIPA TELECOM, demande
que les lignes suspendues soient rétablies. Sappuyant sur
larticle 9 de la convention de concession Le CTCI rappelle que Côte
dIvoire TELECOM na le monopole que des services exclusifs
cest dire : la fourniture du service téléphonique
entre points fixes; la fourniture du service télex. « Cette
disposition fait exception de l exploitation des services ouverts
au public. En outre, larticle 11 de la loi n° 95-526 du 07 juillet
1995 portant code des télécommunications autorise la revente
de trafic téléphonique. Cest dailleurs sur le
fondement de ce texte que lATCI a délivré des autorisations
aux entreprises telles que PUBLICOM, CAMITEL, INNOVATEL, AFRIPA TELECOM
etc
Aujourdhui, le constat est fait de ce que Côte dIvoire
TELECOM refuse, en usant de manuvres dilatoires, de conclure des
accords dinterconnexion avec ces sociétés »
peut-on lire dans cette correspondance. Par ailleurs le CTCI Précise :
« A ce jour nous navons pas souvenance dune requête
de Côte dIvoire TELECOM contre AFRIPA relative à une
fraude dont se serait rendue coupable cette dernière ; car
en effet ce nest que suite à la requête dAFRIPA
que CIT a dénoncé la fraude et cela pour justifier son refus
de signer les accords dinterconnexion ». Le CTCI nen
reste pas là. Enfonçant le clou il fait publier un communiqué
de presse dans lequel il affirme que la commercialisation du service voix
à linternational, objet réel du litige, nest
pas une exclusivité de CIT qui devrait lire attentivement larticle
4.2 de la convention de concession. « Au total, Côte
dIvoire TELECOM na ni le monopole encore moins lexclusivité
du service téléphonique international » relève
le CTCI. Un « verdict » qui ne clôt pas pour
autant le débat. Bien plus il le relance.
Un véritable imbroglio juridique dans lequel on a du mal à
se retrouver. Avec à la clé la mise en doute de limpartialité
du CTCI et de la légitimité de ses actions. Selon M appetey
le CTCI ou plutôt son président M Koné Bangali Porte
à dessein des illères. Son argumentation repose pour
lessentiel sur larticle 6 du titre 2 de la loi 95-526 du 7
juillet 1995 portant code des télécommunications et larticle
4.1 de la convention de concession qui traitent respectivement « des
services et réseaux sous droits exclusifs » et de la
« portée de la concession des droits exclusifs de lEtat ».
Larticle 4 mentionne au titre des droits exclusifs létablissement
de réseaux de télécommunications ouverts au public,
à lexception des réseaux radioélectriques ;
la fourniture du service téléphonique entre points fixes;
la fourniture du service télex. Larticle 6 du titre 2 du
code des télécommunications précise à nouveau
pour sa part que ces trois éléments sont du ressort exclusif
de lEtat. Il nen faut pas plus pour que M Appetey crie à
linjustice et la collusion. « Cest un problème
de fond, déthique, de morale. Le CTCI na pas compétence
pour trancher comme il le fait » martèle t il.
Linternational, seul segment qui permet à Côte dIvoire
TELECOM de dégager une plus value, est le véritable enjeu
de cette bataille entre David et Goliath. Qui a raison ? qui a tort ?
difficile de le dire avec certitude tant linterprétation
des textes diverge dune partie à lautre. En attendant,
on continue de saccuser mutuellement de mauvaise foi.
En tout état de cause cette crise préfigure déjà
des chaudes empoignades et autres tractations de 2004, date à laquelle
expire le monopole de Côte dIvoire TELECOM sur les services
exclusifs.
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