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N°
10
Août 2002




 


 

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par
Ibrahim SY SAVANE
LA FORCE DE LUNION
i
les Occidentaux, en particulier lEurope, partenaires majeurs, ne
perçoivent dans lavènement de lUnion Africaine
(UA) que laboutissement dune volonté personnelle de
quelques dirigeants africains, alors la route sera longue. Et, si les
Africains eux-mêmes ne retiennent de la nouvelle union quune
tentative de ravalement de la façade défraichie de lOUA,
le risque est encore plus grand. Mais on peut espérer que le concert
de musiques en provenance de lOccident qui a salué cette
naissance ne savèrera pas être quelques vocalises sans
conviction dont les relations internationales sont coutumières.
Et, pour le moment, il ny a pas de raison de douter de lengagement
des pères fondateurs qui ont paru enthousiastes, à lexception
de deux ou trois doyens sceptiques et goguenards qui se sont toutefois
bien gardés de ramer à contre-courant. Mais il reste sans
doute lessentiel : ladhésion des citoyens africains.
Ceux-ci semblent tenus à lécart pour le moment, pas
par une volonté délibérée mais plus à
cause de la complexité du processus. Fallait-il dès le départ
marquer la volonté collective par une consultation référendaire
dans chaque pays? Cela aurait sans doute été la voie royale,
mais lenvironnement actuel, les contraintes logistiques et surtout
le manque de préparation psychologique, rendent illusoire une telle
démarche. Dailleurs, la question nest pas tant dêtre
pour ou contre lUA, mais plutôt celle de savoir comment la
faire émerger et selon quelles modalités elle peut être
efficace. Lefficacité, dans ce cas, étant le bien
être durable des populations, la place reconquise et renforcée
de lAfrique sur léchiquier mondial.
Bien évidemment, on ne peut séparer les conditions dans
lesquelles naît une organisation de ses perspectives de croissance.
Par exemple, le fait que lon fera léconomie dexplications
préalables autour des enjeux de cette union peut se traduire plus
tard, par une relative indifférence des citoyens sans lesquels,
pourtant, limpulsion ne peut samplifier. Leffort futur
pour son ancrage nen sera que plus important. Les changements intervenus
sur ce Continent en quelques années - en dépit de ce que
laisse voir lécume des choses - sont tels que tout projet
maximise dautant plus ses chances de succès quil intègre
complètement la participation du plus grand nombre des citoyens.
Aussi bien les acteurs actifs que les chaînons minimisés
quarante ans durant et sans la participation desquels il ny a pas
de chaîne du tout.
La construction européenne, qui reste un modèle non dépassé,
la appris à ses dépens, avant que les bureaucrates
ne savisent au milieu du gué, que la première tâche
à mener était dabord celle de lacceptation de
lidée même dEurope. Cela na pas mis heureusement
fin aux débats, mais a au contraire facilité le travail
des architectes. Dans la mesure où les intégrations aux
forceps ne sont plus de saison, il nexiste donc pas dautre
alternative à cette patiente et lente sensibilisation qui constitue
lune des toutes premières bases sur lesquelles lUnion
Africaine doit reposer.
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