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N°01 Novembre 2001
Le Numéro Actuel
 



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Monsieur Jean Baptiste Amethier : Le
harcèlement fiscal nest pas une bonne méthode
par Koné SOUNGALO
Les PME ont souvent été à la base
du développement des grandes nations industrialisées telle
que lAllemagne, les Pays-bas ou encore lInde. Présentées
en Côte dIvoire comme le moteur de la relance économique
elles sont pourtant en proie à de multiples difficultés.
M Jean Baptiste Amethier, président de la fédération
ivoirienne des petites et moyennes entreprises, nous en dit un peu plus
sur les obstacles à leur véritable éclosion.
O
A E : Quel est le chiffre daffaire global des PME en Côte
d Ivoire ?
M. JBA : Les PME représentent à peu près 10%
des entreprises ivoiriennes et contribuent à hauteur d environ
50% du produit intérieur brut.
O A E : Quelle est la valeur ajoutée réelle
des PME à léconomie nationale ?
M. JBA : Cest plutôt difficile à dire mais je
peux vous affirmer quelle est importante voire conséquente.
O A E : Quelle est aujourdhui dans lensemble la situation
économique des PME en Côte d Ivoire ?
M. JBA : Depuis 1999 la situation des entreprises nétait
guère reluisante . les choses ne se sont pas améliorées.
Cest même assez difficile pour les entreprises dont nombreuses
ont vu leur chiffre daffaire baisser continuellement. Manque de
moyens financiers, manque de marchés cest le lot de celles-ci
. Certaines ont dû fermer boutique.
O A E : Pouvez vous nous faire le point sur la situation économique
de la Côte dIvoire, vue de lil des PME ?
M. JBA : Dune manière générale la situation
est prometteuse. Les PME se sont aguerries dans les difficultés.
Elles ont mûri. Nous estimons que si les relations avec les bailleurs
de fonds reprennent, les PME auront un rôle à jouer. Mais
il faut remettre sur pied des établissements de financement adaptés
au long terme et aux PME : Crédit Côte dIvoire,
la BNDA, la BNEC , la BIDI etc.
O A E : La vie des entreprises semble de plus en plus rythmée
par le contrôle et une pression fiscale plutôt forte. Quel
est votre sentiment sur la question ?
M. JBA : Les autorités devraient sy prendre autrement
car il ne faut pas perdre de vue quune trop grande pression risque
de décourager les PME et partant faire baisser le niveau des recettes
fiscales. Il ne faut pas faire peur aux gens. Bien au contraire il faut
les amener à payer limpôt avec le sourire et cela passe
nécessairement par l éducation et linformation sur
le dû .En tout état de cause il faut savoir que le harcèlement
fiscal nest pas une bonne méthode. Limpôt doit
rentrer en douceur avec le consentement du contribuable qui a besoin de
comprendre pourquoi il doit sacquitter de tel ou tel montant.
O A E : Quels sont à votre avis les obstacles de tous
ordres au développement des PME dans notre
pays ?
M. JBA : Il y a dabord les pesanteurs liées à
linexistence de structures de financement adaptées aux PME
et ensuite l absence de marchés permanents. Par exemple,
en Malaisie la production de tables de classes est laffaire des
PME . Il faut une répartition des marchés entre les grandes
entreprises et les PME qui, il faut le savoir, sont performantes et capables
de répondre aux normes.
O A E : Comment voyez-vous lavènement de leuro,
est-ce un avantage ou une menace pour les économies de la zone
franc ?
M. JBA : Cest une bonne chose . Il faut que les PME, surtout
celle qui font de lexportation, commencent à se former et
à sadapter au contexte nouveau. Ce nouveau système
monétaire est incontournable.
O A E : Appréhendez-vous la mise en circulation des billets
et monnaies libellés en euro à partir de janvier 2002 ?
M. JBA : Dans un premier temps les rapports seront juste quelque
peu perturbés mais fondamentalement cela ne changera pas grand
chose puisquil ne sagira que dune question de conversion
étant entendu que le gros des opérations se fait ici.
O A E : Quel est votre sentiment sur lenvironnement judiciaire
en Côte d Ivoire aujourdhui ?
M. JBA : Lenvironnement judiciaire évolue bien. Il
faut dire quon a beaucoup insisté sur la question. Nous en
sommes heureux parce quil faut donner des assurances aux investisseurs.
Ceux qui jugent doivent être à la hauteur.
O A E : On assiste aujourdhui à une valse de procès
sanctionnés bien souvent par des verdicts contradictoires. Quel
commentaire vous inspire une telle
situation ?
M. JBA : Ce sont des affaires avec des interférences internationales
parfois politiques. C est du reste pour cela que les juges locaux
doivent être assez fermes et justes. Il ne faut pas que les décisions
soient trop modifiées dans de temps.
O A E : Les opérateurs économiques fondaient beaucoup
despoir sur la cour darbitrage de Côte dIvoire
dont on nentend parler que très peu. Quel regard jetez- vous
sur cette CACI ?
M. JBA : L a CACI est une très bonne initiative. Elle a
démarré ses activités maintenant . Je crois quelle
permettra de régler beaucoup daffaires au ras du sol. Mais
il faut que les contrats signés entre partenaires comportent au
préalable une close sur le recours à larbitrage.
O A E : Les arriérés intérieurs, vous en
conviendrez, gênent le fonctionnement des PME. Quel est le point
à ce jour .
M. JBA : Sur la question il y a eu beaucoup de réunions
et l Etat a commencé à payer même si je ne saurais
vous dire combien a été déjà déboursé
et combien reste à dégager. Toutefois les négociations
se poursuivent au niveau du comité mis en place pour les besoins
de la cause et présidé par le ministre de léconomie
et des finances.
O A E : Comment peut on corriger cette impression que les grandes
écoles deviennent de plus en plus des usines à fabriquer
des chômeurs ?
M. JBA : Il y a plus de 60 grandes écoles qui forment des
cadres de haut niveau . La formation pèche peut être par
le fait quils ne sont pas préparés à monter
leur propre affaire comme cest le cas dans les pays anglosaxons.
Il faut une adéquation entre la formation et lemploi . Il
faut évaluer les emplois disponibles et former en fonction de ces
données. Je conviens que toutes les écoles ne se valent
pas mais il y a de grandes écoles. Je crois quil faut veiller
à ce que les écoles qui sont crées ne forment pas
dans nimporte quelle filière. Autrement ce serait de lescroquerie.
O A E : Quel est limpact de la crise socio politique ivoirienne
sur les affaires des entreprises, plus particulièrement des PME?
M. JBA : Il y a eu un ralentissement des activités. Il a
même eu démotivation. Mais cela a permis de mettre en place
des structures très valables pour la reprise économique.
LEtat a par exemple crée des structures dappui et de
soutien aux PME qui sont : le centre de gestion agrée , le
fonds de garantie, la bourse de sous-traitance et de partenariat, le FIDEN,
lINIE et le point information. Il sagit maintenant pour les
PME de faire fonctionner ces organismes très utiles.
O A E : Quest-ce quil faut faire au plan politique
selon vous pour relancer lactivité économique ?
M. JBA : Il faut inspirer confiance, encourager les entreprises
et assainir lenvironnement économique.
O A E : Que pensez- vous du forum national sur la réconciliation
et quelles sont ses chances de donner les résultats attendus ?
M. JBA : Cest une bonne chose davoir pensé à
réunir les gens pour débattre de la réconciliation.
Les curs sont meurtris mais les résultats attendus peuvent
arriver avec le temps. Les hommes sont ce quils sont et il faut
compter avec le temps qui fera à coup sûr son effet. Prenons
par exemple le cas de lAllemagne et de la France qui étaient
des ennemies jurés à cause de la guerre et qui sont pourtant
au départ de la grande aventure européenne. Il faut encourager
les gens à aller au forum. Lorgueil et la haine vont se dissiper
avec le temps et pourquoi pas dautres forums.

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