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N°01 Novembre 2001




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Côte dIvoire : Guerres dans le
cellulaire
par Ibrahim SY SAVANE
On 911essay our team care a trust clients place in us for all your essay writing needs Replica Rolex Cellini. Replica Uhren . Replica Rolex Cellini Uhren kaufen.Ceux qui se demandaient, il y a quelques mois encore,
si la guerre du cellulaire aura lieu, ont la réponse à leur
question :la guerre fait rage depuis quelques temps déjà.
Sur le front, les trois premières détentrices de licence
de téléphonie mobile, Comstar, Ivoiris et Telecel.
Il
ne se passe pas de mois sans que lune ou lautre déclenche
une offensive publicitaire et promotionnelle. Ainsi, alors que, au départ,
leurs annonces étaient plutôt informatives, elles allient
désormais la séduction proche du racolage à des phases
très agressives dont le but inavoué est de disqualifier
la concurrence. Tout y est passé : chiffres dabonnés
invérifiables, couverture de réseau surévaluée,
projets dextension sujets à caution. Au point que lAutorité
de régulation des télécommunications de Côte
dIvoire, a dû monter au créneau, non pas pour limiter
les effets dannonces chacune, cest de bonne guerre,
clame quelle est la meilleure mais pour conférer une
crédibilité minimale aux chiffres jetés pêle-mêle
à la face dusagers complètement ébahis.
Du reste, si cette guéguerre se limitait à la compétition
entre concurrents et à lavalanche des communiqués
de victoire, on pourrait la trouver, somme toute, assez sympathique. Dautant
que le premier effet induit est une baisse substantielle des tarifs et
coûts dabonnement. Il y a deux ans seulement, il fallait débourser
de 120 à 200 000 FCFA pour disposer dun abonnement incluant
le téléphone. Aujourdhui, les différents « packs
promotionnels » sont accessibles à moins de 60 000 FCFA,
soit une baisse de plus de 100 %.
Hélas, la bataille déborde largement ce cadre pour renforcer
autour de la téléphonie cellulaire, le mythe de largent
facile à gagner. Une sorte de jack-pot qui explique aussi pourquoi
tant de rivalités menacent de lintérieur, léquilibre
de ces sociétés.
Telecel a connu le premier conflit de ce type. Un des actionnaires fondateurs,
M. Koffi Bergson, a été éjecté par les autres
associés de son fauteuil présidentiel, après une
rude bataille juridico-médiatique. A lépoque, août
99, le directeur général, M. Yerim Sow, expliquait que M.
Bergson ne pesait pas plus de 0,8 % dans lactionnariat du groupe,
après avoir possédé 29,1 %. Or, M. Koffi était
un des principaux porteurs du projet. Si bien que les premiers produits
Telecel porteront le doux nom de Loteny qui est, dit-on, celui de sa grand-mère
La dégringolade de M. Koffi était expliquée par son
adversaire au plan juridique, par son incapacité à « suivre »
une augmentation de capital, survenue entre temps et qui aurait renforcé
les positions des autres actionnaires, à savoir Telecel International
et lui-même. Lombre du financier congolais Miko Rwayitare
nest jamais loin. Comme actionnaire, il fait la jonction avec lInternational,
depuis Johannesburg où il réside.
Alors que ce conflit semblait oublié, une décision de la
Cour dAppel est venue, au mois daoût dernier, rétablir
M. Koffi Bergson dans ses droits tout en lui accordant des dédommagements
de 800 millions. Harmonie, Passion, Vision, tel était le slogan
de Telecel. Si la vision demeure, lharmonie nest plus de mise
et les passions sont certainement difficiles à dissimuler désormais.
Qui aura le dernier mot ? En tout cas, Telecel aux ambitions panafricaines,
est parmi les trois sociétés, celle qui aura déployé
les tactiques doccupation de terrain les plus audacieuses. Un véritable
blitzkrieg, mêlant sponsoring, affichage massif, presse de toute
nature, le tout à un rythme forcené. Toutefois, ces batailles
juridiques récurrentes pourraient devenir le vrai talon dAchille
de Telecel.
Au fond, le sort de Comstar nest guère différent.
Cette vieille dame qui a été la première à
recevoir dès 94 la précieuse licence, vivotait tranquillement
à lécart du tourbillon médiatique. Mais il
y a quelques mois, Comstar sest réveillé pour lancer
une brillante campagne multimédia, axée sur limage
forte de la Cora africaine. Du jour au lendemain, Comstar semblait refaire
son retard après lallumage raté des débuts.
La société ivoiro-américaine (International Wireless
était actionnaire, au départ), au lieu de faire la publicité
de son offre-produit, avait dépensé beaucoup dargent
et dénergie pour promouvoir le concept général
du téléphone portable. Peut être ignorait-elle que
dautres licences seraient rapidement attribuées. Toujours
est-il que Comstar aura défriché le terrain pour les autres
Et voici que, au moment de rebondir, elle est rattrapée, elle aussi,
par une confuse histoire devenue un véritable feuilleton grâce
à la presse qui narre les péripéties du bras de fer
entre M. Ibrahim Keïta, son Président et M. Alexandre Galley
qui réclame non moins que le fauteuil du premier. Rarement, un
conflit commercial aura été si dramatisé, avec ses
coups très bas. Rarement aussi, un conflit aura bénéficié
de tant de sollicitudes de la part des décideurs. Même le
Premier ministre, M. Pascal Affi NGuessan, serait intervenu pour
faciliter une solution amiable.
Les enjeux apparents ou non de cette querelle semblent tels que nul ne
peut exclure dautres développements. La directrice générale
de Comstar, Ms Wine Duncan laisse entendre que « M. Galley
na pas tenu ses engagements » Ce dernier persiste à
revendiquer en tout cas, 51 % des parts. Un climat particulièrement
étrange, avec ses convocations de gendarmes et ses sommations des
hommes de loi. Le management en place feint pourtant la sérénité,
à linstar de M. Keïta qui continue dafficher le
sourire de celui qui en a vu dautres. Surtout quau plan commercial,
Comstar semble avoir remonté la pente pour réintégrer
la course.
Pourtant, la vie dans le petit monde du cellulaire Ivoirien nest
pas un long fleuve tranquille. Sauf peut être pour Ivoiris, lautre
élément du trio, encore que
Car, la SIM (Société Ivoirienne de Mobile) qui exploite
la marque, a vécu un 24 décembre 99 particulièrement
dramatique. Dans le débordement et la confusion du coup dEtat
militaire, son siège du boulevard Giscard dEstaing, a été
pris dassaut puis incendié par des manifestants, au motif
que la société appartiendrait au président déchu,
M. Henri Konan Bédié. Il y avait maldonne. Si M. Bédié
a été un moment actionnaire de Comafrique elle même
actionnaire dIvoiris, cela nétait plus le cas au moment
du « putsch ». Cest ce quexpliqueront,
le calme revenu, les responsables de la société. Au demeurant,
Comafrique ne détient plus dactions dans Ivoiris, ses 15
% de départ ayant été rachetés par France-Telecom,
à travers sa filiale France Câble Radio, FCR, qui se retrouve
du coup, propriétaire à 100 % dIvoiris. Cela a fait
naître une autre accusation : Ivoiris serait favorisée
par sa cousine CI Telecom, privatisée à 51 % au profit de
la FCR, après, là aussi, une bataille dopinion, dans
laquelle lon retrouve (déjà à lépoque),
un certain Koffi Bergson.
Ivoiris en tout cas, a une stratégie de communication si bien élaborée
que chacune de ses campagnes est un véritable événement.
De plus, elle semble avoir comblé ce déficit dimage
et dancrage national grâce, notamment, au sponsoring sportif
qui peut beaucoup dans ce pays où le football demeure malgré
tout, un des rares éléments fédérateurs.
En dépit de ce contexte saturé par la compétition
commerciale et les querelles juridiques, sannonce une quatrième
société de mobile. Aircomm a en effet été
autorisée il y a quelques mois. Bienvenu au marigot ! Cette arrivée
devrait changer bien des choses. Parce que, contrairement à ce
qui sétait passé ces dernières années,
le nouveau gouvernement a exigé un ticket dentrée
de 40 milliards de FCFA. Ancien cadre des télécommunications,
le ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies de lInformation,
M. Lia Bi Douayoua, a inscrit cette question parmi ses toutes premières
décisions. Ailleurs, en France, en Allemagne et même au Maroc,
les attributaires sont sélectionnés après des enchères
spéculatives et houleuses.
Mais alors, dans le cas ivoirien, quen est-il des trois premières
sociétés qui avaient déjà reçu le précieux
sésame ? Très simple : elles payeront rétroactivement
le ticket au même prix. Cest pourquoi la donne va changer,
entraînant du coup lévolution du modèle économique,
car les plans de charge des premiers « cadeautés »
nintégraient pas, et pour cause, ces quatre dizaines de milliards.
Cependant, les protestations ont été à peine audibles.
Cest que, malgré tout, bien des candidats seraient prêts
à débourser un tel montant, voire plus, pour accéder
à ce secteur, où on guerroie à tout va mais qui reste,
pour lheure, un des plus lucratifs du continent.
Il suffit de voir lengouement général pour le « cellulaire »,
dabord objet de différentiation sociale mais vite devenu
indispensable dans la grande métropole abidjanaise et dans les
villes de lintérieur, pour comprendre pourquoi il y aura
toujours des candidats.
Dune façon générale, le téléphone
ivoirien est un enjeu commercial énorme. A tous les niveaux. Depuis
les petites cabines de quartier jusquaux grandes tours des sociétés
du secteur.
Dailleurs, certains rêvent non seulement à une réattribution
des licences, mais de casser le monopole de CI Telecom, dans la téléphonie
dentreprise (pour le moment) grâce, notamment, aux nouvelles
technologies et aux divers usages de lInternet.


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