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N° 14
Février 2003

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par Ahoussi Pothin

“ RAPPORT SUR L’EPIDEMIE MONDIALE DE VIH/SIDA 2002 ”
LE TEMPS DE L’ACTION


omme chaque année, l’ONUSIDA avec l’appui de ses nombreux organismes (UNICEF, PNUD, FNUAP, PNUCID, OIT, UNESCO, OMS, BM) publie son rapport sur l’épidémie mondiale de VIH/SIDA. Il ressort de celui de cette année que l’ampleur de la crise du SIDA a aujourd’hui dépassé les pires scénarios de la précédente décennie. En 2001, ce sont 5 millions de personnes qui, estime-t-on, ont été infectées à travers le monde dont 800 000 enfants ; des dizaines de pays connaissent déjà de graves épidémies de VIH/SIDA et bien davantage sont à la veille de les connaître. Et si rien n’est fait pour les traiter ou les prendre en charge, ces 5 millions de personnes rejoindront au cours de la prochaine décennie les plus de 20 millions de personnes mortes du SIDA, depuis la première constatation clinique du VIH/SIDA en 1981. Dans ce sombre tableau on révèle cependant quelques éclaircies marquées par la nouvelle détermination mondiale à s’attaquer au SIDA, la mobilisation de l’opinion publique par les médias, les organisations non gouvernementales et les personnes vivant avec le VIH/SIDA, l’Afrique subsaharienne enregistre 71, 25 % des 40 millions de personnes (adultes et enfants) vivant avec le VIH/SIDA au plan mondial. Soit 28,5 millions de personnes infectées. Et sur ce nombre, 3,5 millions l’ont été durant l’année 2001. En Afrique occidentale, selon le rapport, “ la progression récente et rapide du VIH se vérifie ”. Au Nigeria, pays le plus peuplé de la sous-région, les taux nationaux de prévalence sont passés progressivement de 1, 9 % en 1993 à 5, 8 % en 2001. Et l’on y estime déjà à plus de 3 millions le nombre de Nigérians vivant avec le VIH/SIDA. C’est aussi en Afrique subsaharienne que le nombre projeté des décès est le plus élevé, avec 55 millions de décès supplémentaires attendus soit 39 % de décès de plus que si le SIDA n’existait pas. Une projection qui traduit assez bien l’impact démographique du SIDA. Aujourd’hui, l’espérance de vie moyenne dans cette partie de l’Afrique est de 47 ans, alors qu’elle serait de 62 ans sans le SIDA. Et dans sept pays, la mortalité chez les moins de cinq ans a augmenté de 20 à 40 % à cause du VIH/SIDA. Au plan économique, le rapport indique que pour les pays dont “ les taux nationaux de prévalence du VIH/SIDA sont de 20 %, on estime que la croissance annuelle du PIB chute en moyenne de 2, 6 % ”. Le rapport note que“ des calculs plus récents ont suggéré que le taux de croissance économique est tombé de 2 à 4 % en Afrique subsaharienne en raison du SIDA ”. On le voit, le SIDA demeure un défi majeur pour toute l’humanité et encore plus pour l’Afrique subsaharienne qui reste, et de loin, la région la plus touchée au monde. Des efforts certes sont faits au plan national pour endiguer l’avancée de l’épidémie à travers des politiques de prévention plus dynamiques et mieux orientées. Par exemple, une nouvelle étude des efforts menés auprès des “ professionnels du sexe ”, clientes d’un dispensaire d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, a montré que la prévalence chez elles du VIH/SIDA avait chuté de 89% à 32% entre 1991 et 1998 ; le Sénégal récolte toujours les effets positifs de sa riposte précoce et concertée au SIDA ; le Mali n’a pas encore atteint 2% de prévalence. Il est de plus en plus manifeste, selon le rapport que les responsables politiques de haut niveau s’investissent dans la lutte contre le VIH/SIDA. Ils ont admis que le SIDA ne se limitait pas à un problème de santé mais qu’il est aussi une question fondamentale en matière de développement, de progrès et de sécurité. Sur un total de 27 Conseils nationaux SIDA, de Commissions ou d’autres organismes dirigés par des présidents, des Premiers ministres ou leurs adjoints, l’Afrique en compte 13 dont 5 en Afrique de l’Ouest. Toutefois, la faiblesse des revenus liée à la pauvreté, l’inaccessibilité aux antirétroviraux pour la majorité des malades et la défaillance des systèmes de santé des pays à faible et moyen revenus, rendent encore plus urgente une réaction planétaire concertée et d’envergure face à l’épidémie mondiale du SIDA. “ Il est temps de rassembler les pièces du puzzle. Les plans ont été établis. Les besoins sont évidents. Les solutions existent. La volonté politique s’affirme. Maintenant, agissons ! ”, lance le Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA, Dr Peter Piot, dans sa préface.

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