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N°08 juin 2002
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RAPPORT SUR LE DEVELOPPEMENT HUMAIN

L’ère des réseaux

par Koné Soungalo

« Mettre les nouvelles technologies au service du développement humain » c’est le thème du tout dernier rapport du programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) qui présente, encore une fois un tableau plutôt sombre de l’Afrique quel que soit l’indicateur considéré.


u’il s’agisse d’indicateur du développement humain (IDH), d’indicateur de pauvreté humaine (IPH), l’Afrique présente toujours l’image d’un continent qui peine. L’innovation introduite par le présent rapport, c’est l’indicateur de développement technologique. Il apparaît comme le nouvel instrument de mesure de la capacité des pays à participer à l’ère des réseaux. Il est destiné à évaluer le niveau d’innovation et de diffusion des technologies d’un pays ainsi que le degré de formation des compétences humaines. « Il mesure les accomplissements et non les potentialités, les efforts consentis ou les moyens mis en œuvre. Son objectif n’est pas d’établir quel pays occupe la première place en termes de développement technologique mais d’évaluer la participation de chaque pays dans son ensemble à l’innovation et l’utilisation de des technologies ». Il s’attaque à quatre caractéristiques principales : innovations technologiques, diffusion de technologies récentes, diffusion de technologies anciennes, et compétences humaines.
Au classement selon l’IDH aucun pays africain ne figure parmi les 42 premiers ayant donc un développement humain élevé. La Tunisie, classée à la 89ième place, ouvre la danse pour le continent africain. Au total treize pays figurent au nombre de ceux qui ont un développement humain moyen. Tous les autre se retrouvent dans la catégorie des pays à faible développement humain.
Au classement selon l’indicateur du développement technologique seuls douze pays africains tirent si on peut dire leur épingle du jeu en se classant parmi les 72 pays pour lesquels des données sont disponibles. IL s’agit de l’Afrique du sud (39ième), la Tunisie (51ième), l’Egypte (53ième), l’Algérie (58ième), le Zimbabwé (59ième), le Sénégal (66ième) etc.
Le rapport s’intéresse particulièrement à l’IDT et au développement des réseaux technologiques qui bouleverse la carte du développement. Il se subdivise en cinq chapitres consacrés aux thèmes suivants : Développement humain passé présent et futur ; les transformations technologies d’aujourd’hui ; gérer les risques liées au progrès technologique ; libérer la créativité humaine ; des initiatives mondiales en faveur des technologies propices au développement.
A l’heure du mouvement planétaire en faveur du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) les experts du PNUD s’emploient à montrer l’étroite relation existant entre la technologie et le développement. « A l’heure d’Internet, des biotechnologies agricoles et des médicaments de dernière génération ,il est temps que la technologie et le développement et la technologie forge une nouvelle alliance ». La technologie peut servir et desservir à la fois le développement. Tout dépend en effet de l’utilisation qu’on en fait même s’il est établi que l’innovation technologique est essentielle au progrès humain. Les percées dans le génie numérique, génétique et moléculaire ne sont pas sans rappeler l’invention de la machine à vapeur et de l’électricité qui ont révolutionné l’industrie. « Elles créent des possibilités nouvelles de faire avancer la santé, la nutrition ; d’élargir les savoirs ; de stimuler la croissance économique et de donner aux individus les moyens de participer à la vie collective » peut-on lire dans le rapport. A l’ère des réseaux, l’Afrique qui assiste impuissante à la fuite des cerveaux, doit pourtant paradoxalement disposer de chercheurs professionnels et de techniciens correctement formés pour adapter les nouvelles technologies aux utilisations locales. Les évolutions technologiques sont aujourd’hui plus rapides et plus profondes notamment dans le domaine de l’information, de la communication et des biotechnologies. Aujourd’hui, les avancées en microélectronique, en informatique et télécommunications permettent de traiter et de stocker d’énormes volumes d’informations ainsi que de diffuser celles-ci. Reste que, si dans les pays en développement l’accès à ce moyen d’une majorité de la population constitue un défi. Cette fracture numérique pourrait être réduite grâce à des adaptations technologiques et des innovations institutionnelles. Les perspectives pour l’Afrique ne sont donc pas globalement mauvaises. En effet les dépenses mondiales consacrées aux NTIC devraient passer de 2200 milliards de dollars en 1999 à 3000 milliards en 2003 ouvrant de nouveaux créneaux aux prestataires de services des pays en développement.
Au total le rapport sur le développement humain édition 2001 présente à la fois les bouleversements technologiques récents et les opportunités qu’elles offrent dans un monde désormais en réseaux.

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