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N°08 juin 2002
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par Koné Soungalo

BANQUE CENTRALE DES ETATS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST

40 ans et des ambitions

La banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) fêtera, du 11 au 14 mai, en grande pompe ses quarante ans. Une occasion de jeter un regard rétrospectif sur le chemin parcouru par cette institution. Les fastes de cette cérémonie ne suffiront sans doute pas à occulter les conflits latents qui agitent la banque des banques.


'émission, politique monétaire, organisation et surveillance de l’activité bancaire, assistance aux Etats membres de l’Union monétaire ouest africaine, ce sont là dans les grandes lignes les missions et objectifs assignés à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) qui fêtera bientôt ses quarante ans.
L’histoire de cette institution communautaire remonte à l’Afrique Occidentale française (AOF). En effet l’émission des formes modernes de monnaie a été assurée dans les pays ouest africains d’expression française , par plusieurs institutions qui ont précédé la BCEAO. C’est d’abord à la Banque du Sénégal qu’a échu cette mission de 1853 . Elle a ensuite été relayée par la Banque de l’Afrique de l’Ouest une autre banque privée qui s’en acquitta de 1901 et 1955. C’est ensuite l’Institut d’émission de l’Afrique occidentale française et du Togo, établissement public français crée en 1955 et transformé plus tard en Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest qui prend le relais. Toutefois la BCEAO dans sa forme actuelle a été créée en1962 après la signature du traité instituant l’Union monétaire ouest africaine .
Son siège était provisoirement établi à Paris et la BCEAO disposait d’une agence dans chacun des pays de la zone d’émission. C’est seulement en 1978 que le dit siège a été transféré à Dakar au Sénégal. La BCEAO était alors administrée par un conseil d’administration, des comités monétaires nationaux et un directeur général. Cette fonction a été assumée par M Robert Julienne de 1962 à 1973. A partir de cette année, date charnière marquant le début de l’africanisation, l’institution a été régulièrement dirigée par un gouverneur dont le premier, l’Ivoirien Abdoulaye Fadiga a été nommé le 15 décembre 1974, auquel succédera le docteur Alassane Dramane Ouattara, lui-même remplacé en 1990 par M Charles Konan Banny. Le gouverneur de la BCEAO est nommé par le conseil des ministres pour un mandat de sept ans renouvelable. Il fait exécuter les décisions prises par le conseil ainsi que celles arrêtées par le conseil d’administration, composé de deux membres par Etat, qu’il, préside.
Etablissement public international dont le capital est reparti à parts égales entre les Etats membres, la BCEAO compte environ 3000 salariés de huit nationalités différentes repartis sur 25 sites dont 24 sont implantés en Afrique de l’Ouest notamment dans les pays de l’Union. Son organisation générale comprend le siège, une direction nationale dans chacun des Etats membres (Abidjan, Bamako, Bissau, Cotonou, Dakar, Lomé, Niamey, Ouagadougou) et un bureau de représentation à Paris. Au total, on dénombre huit agences principales et treize Les auxiliaires dont cinq en Côte d’Ivoire, deux au Niger, deux au Sénégal.
Les objectifs et missions de cet institut d’émission dont le capital et réserves s’élevaient au 30 septembre 1996 à 763 milliards FCFA sont multiples mais quelques uns retiennent particulièrement l’attention.
L’émission monétaire figure en bonne place au chapitre de ces missions. La BCEAO jouit en effet du privilège exclusif de l’émission monétaire sur l’ensemble des pays membres de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA). Elle émet des signes monétaires, billets et pièces de monnaie qui ont cours légal et pouvoir libératoire. La création, l’émission et l’annulation des signes monétaires sont décidés par le conseil des ministres. Pour lutter contre la falsification des billets, la BCEAO s’emploie régulièrement à renforcer leur sécurité. C’est donc dans ce cadre que s’inscrit notamment les décisions prises respectivement en 1977 et 1991 « visant à renouveler et à compléter la gamme de billets et pièces de monnaie en circulation ».
La BCEAO a également pour mission de gérer la politique monétaire des Etats membres de l’UMOA visant notamment à ajuster la liquidité globale de l’économie en fonction de l’évolution de la conjoncture et à promouvoir la croissance économique. La Banque centrale définit en outre la réglementation applicable aux banques et établissements financiers et exerce à leur égard des fonctions de surveillance. «  Dans ce cadre , la commission bancaire créée le 24 avril 1990 et présidée par le gouverneur de la BCEAO, est chargée de veiller à l’organisation et eu contrôle du système bancaire dans l’UMOA » apprend on de source proche de cette institution où on met la dernière touche à la pâte pour les festivités du 11 mai.
Enfin la Banque centrale assiste à leur demande, les gouvernements des Etats membres dans leurs relations avec les institutions financières et monétaires internationales et dans les négociations qu’ils entreprennent en vue de la conclusion d’accords financiers et internationaux.
« L’institut d’émission assiste aussi les Etats dans les domaines de la définition et du suivi de l’exécution des programmes d’ajustement ainsi que la gestion de la dette. Il assiste en particulier les gouvernements dans les négociations de rééchelonnement de leur dette extérieure » précise t-on à la BCEAO.
Ce sont autant de missions que remplit cette institution qui aura enregistré bien des reformes, depuis sa création notamment en matière de politique monétaire. Le nouveau dispositif dont l’application graduelle a démarré le 2 octobre 1989 repose en ce sens sur trois principes fondamentaux : la réduction du rôle de la monnaie centrale au profit d’une mobilisation accrue de l’épargne intérieure ; la mise en harmonie des règles de gestion monétaire avec l’organisation de l’activité économique et l’environnement international ; la mise en place de mécanismes flexibles de régulation monétaire dans le cadre d’une libéralisation progressive du marché du crédit. Artisan averti de l’intégration ouest africaine, la BCEAO est un des acteurs principaux de la création de l’institut monétaire ouest africain (IMAO) destiné à préparer l’avènement de la monnaie unique de la sous région. Prévue pour très bientôt.

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