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situation économique de lAfrique demeure toujours dune
extrême fragilité. Cest du moins ce qui ressort du
« Bilan du Monde » édition 2002 édité
par « Le Monde » sous la direction de Serge
Marti.
Le rapport lui-même se présente comme une série darticles
sur les faits saillants de lactualité en général
avec en prime des graphiques, des tableaux, le classement des entreprises
les plus performantes des 26 régions françaises et
le palmarès des firmes européennes et mondiales. Au total,
un intérêt particulier est accordé aux évènements
touchant lEurope dans son ensemble et la France en particulier.
Limpact des attentats contre le world trade center le 11septembre
dernier, la question des 35 heures, le sommet de Laeken des 14 et 15 décembre,
la crise du transport aérien sont autant de centres dintérêts
de ce rapport qui pèche toutefois par une présentation approximative
de la situation économique et politique des pays notamment ceux
de lAfrique. Aucune information sur les indicateurs macroéconomiques
tels que linflation, le taux de croissance du PIB etc. Seul le produit
national brut par habitant apparaît. En outre il nexiste aucune
indication sur les ressources minières et agricoles. Ce sont autant
déléments qui laissent le lecteur quelque peu sur
sa faim même si le « Bilan du Monde »
consacré à 172 pays, ne manque pas dintérêt.
A linstar dautres documents, il insiste sur la dépendance
de lAfrique vis à vis des cours trop fluctuants des matières
premières dont elle riche mais quelle transforme trop peu.
En outre bien que le retour sur investissement soit lun des plus
élevés de la planète, on assiste toujours à
une baisse du flux des capitaux étrangers . «
Pour chaque dollar investit, cest 1,06 dollar qui quitte le continent »
peu t-on y lire.
Dans lensemble on relève que linstabilité politique,
la faiblesse du pouvoir dachat et la corruption sont autant de chantiers
auxquels devrait sattaquer lAfrique au moment ou les fils
ce continent se mobilisent autour du Nouveau partenariat pour le développement
de lAfrique (NEPAD). Le risque pays en Afrique est lun des
plus élevés au monde. Seuls six Etats obtiennent en effet
la moyenne. Mais profits et risques ne sont ils pas intimement liés ?
Dans un tel tableau, lAfrique de lOuest se caractérise
par un PNB par habitant oscillant entre 1330 dollar pour le Cap-Vert et
130 dollar pour la Sierra Leone contre 670 pour la Côte dIvoire
et 260 pour le Nigeria. Certains pays font lobjet de commentaires
plutôt positifs. Il sagit du Niger (redressement de léconomie),
du Cap-Vert (avancée démocratique traduite par des élections
transparentes), du Mali (croissance nulle en lieu et place dune
croissance négative et bonne relation avec la communauté
financière internationale) et la Côte dIvoire qui entame
sa relance économique grâce au soutien des bailleurs de fonds.
Dautres par contre se caractérisent par une gestion opaque
des ressources, un taux de croissance négatif, la corruption, la
confiscation des libertés publiques ou encore la dégradation
des conditions de vie, la régression du revenu par habitant comme
cest le cas au Nigeria. Du moins selon les rédacteurs de
la présente édition de « Bilan du Monde ».