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N°08 juin 2002
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par Koné Soungalo

BILAN

L’Afrique selon « Le Monde »


a situation économique de l’Afrique demeure toujours d’une extrême fragilité. C’est du moins ce qui ressort du « Bilan du Monde » édition 2002 édité par « Le Monde » sous la direction de Serge Marti.
Le rapport lui-même se présente comme une série d’articles sur les faits saillants de l’actualité en général avec en prime des graphiques, des tableaux, le classement des entreprises les plus performantes des 26  régions françaises et le palmarès des firmes européennes et mondiales. Au total, un intérêt particulier est accordé aux évènements touchant l’Europe dans son ensemble et la France en particulier. L’impact des attentats contre le world trade center le 11septembre dernier, la question des 35 heures, le sommet de Laeken des 14 et 15 décembre, la crise du transport aérien sont autant de centres d’intérêts de ce rapport qui pèche toutefois par une présentation approximative de la situation économique et politique des pays notamment ceux de l’Afrique. Aucune information sur les indicateurs macroéconomiques tels que l’inflation, le taux de croissance du PIB etc. Seul le produit national brut par habitant apparaît. En outre il n’existe aucune indication sur les ressources minières et agricoles. Ce sont autant d’éléments qui laissent le lecteur quelque peu sur sa faim même si le « Bilan du Monde » consacré à 172 pays, ne manque pas d’intérêt.
A l’instar d’autres documents, il insiste sur la dépendance de l’Afrique vis à vis des cours trop fluctuants des matières premières dont elle riche mais qu’elle transforme trop peu. En outre bien que le retour sur investissement soit l’un des plus élevés de la planète, on assiste toujours à une baisse du flux des capitaux étrangers . «  Pour chaque dollar investit, c’est 1,06 dollar qui quitte le continent » peu t-on y lire.
Dans l’ensemble on relève que l’instabilité politique, la faiblesse du pouvoir d’achat et la corruption sont autant de chantiers auxquels devrait s’attaquer l’Afrique au moment ou les fils ce continent se mobilisent autour du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). Le risque pays en Afrique est l’un des plus élevés au monde. Seuls six Etats obtiennent en effet la moyenne. Mais profits et risques ne sont ils pas intimement liés ?
Dans un tel tableau, l’Afrique de l’Ouest se caractérise par un PNB par habitant oscillant entre 1330 dollar pour le Cap-Vert et 130 dollar pour la Sierra Leone contre 670 pour la Côte d’Ivoire et 260 pour le Nigeria. Certains pays font l’objet de commentaires plutôt positifs. Il s’agit du Niger (redressement de l’économie), du Cap-Vert (avancée démocratique traduite par des élections transparentes), du Mali (croissance nulle en lieu et place d’une croissance négative et bonne relation avec la communauté financière internationale) et la Côte d’Ivoire qui entame sa relance économique grâce au soutien des bailleurs de fonds.
D’autres par contre se caractérisent par une gestion opaque des ressources, un taux de croissance négatif, la corruption, la confiscation des libertés publiques ou encore la dégradation des conditions de vie, la régression du revenu par habitant comme c’est le cas au Nigeria. Du moins selon les rédacteurs de la présente édition de « Bilan du Monde ».



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